terra incognita.

Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime.

 

Il y a quelques jours j’assistais à une visite privée de l’exposition consacrée au dessinateur, graveur et graphiste Gerhardt Altenbourg* (1926 – 1989). 

Ce moment privilégié nous a été proposé par Daniela Günther, historienne de l’art et co-curatrice de l’exposition.

terra Altenbourg. Die Welt des Zeichners (Le Monde du dessinateur) est le titre de cette exposition présentée au Kupferstisch – Kabinett de Dresde ; Cabinet d’Estampes, de dessins et de photographies appartenant aux Collections Nationales de Dresde (Staatliche Kunstsammlungen Dresden)**.

L´exposition nous invite dans l’intimité de cet artiste prolifique, peintre de la DDR***, grand dessinateur dont l’oeuvre vive et colorée aura marqué le XXème siècle.

Ses livres d’artistes sont de véritables œuvres d’art. Altenbourg les a imaginés page par page comme un acte conceptuel. Au centre de l’exposition se trouve d’ailleurs l’un de ces livres, Dulce et Decorum**** un recueil de poèmes et d’aquarelles dans lequel il témoigne de son expérience de la guerre. 

Mieux que mes mots, découvrez l’exposition dans cette vidéo proposée par l’équipe du musée.

Un grand merci à Sybille pour cette invitation. Sybille, c’est une « wonderwoman » qui porte une belle initiative Dresden, place to be !, une association dont le but est de faciliter l’intégration des étrangers à Dresde par des échanges avec des familles dresdoises.

 

* dans les années Il emprunta son nom d´artiste à la ville d´Altenburg, ville de Thuringe, où il prit des cours de dessins et exerça une activité de journaliste et d’écrivain.

** l’un des plus anciens et importants complexes de musées au monde réunissant les collections des princes-électeurs saxons constituées au XVIe siècle.

*** il décédera accidentellement peu de temps après la chute du mur.

**** expression latine tirée d’une strophe des « Odes » du poète Horace. Dulce et decorum est pro patria mori , « Il est doux et glorieux de mourir pour sa patrie ».

Aller voir la mer.

Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime. / Nicolas Brouilly

Le 15 août dernier, alors que Dresde préparait sa traditionnelle fête d´été, nous avons mis les voiles et le cap vers le nord. Direction la mer Baltique.

Quatre heures plus tard et nos valises posées à Greifswald*, nous prenions la route pour Rügen.

Rügen est la plus grande île d´Allemagne et surtout un lieu de villégiature apprécié des allemands pour sa nature préservée, ses paysages sauvages.

Notre deuxième journée nous a conduit à Stralsund, ville située sur un bras de la mer Baltique (le Strelasund) et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002. Là bas, en flânant sur la place du vieux marché, nous avons découvert des produits élaborés à base d’argousier – en allemand Sanddorn, « l’épine du sable » – un arbuste aux petits fruits oranges qui pousse à l’état sauvage sur les côtes d’Allemagne.

Nous avons goûté à l´atmosphère singulière des plages du nord dans la station balnéaire de Prerow. Nous avons vu, bien sûr, d’ incontournables Strandkorb, ces « corbeilles de plage » que je vous invite à découvrir dans cet article de Karambolage (émission d’Arte).

Notre séjour s’est achevé avec la visite de Schwerin, capitale du Land Mecklembourg-Poméranie occidentale, construite autour de son château médiéval.

C’était bien, c’était chouette.

 

 

* ville natale du peintre Caspar David Friedrich, peintre romantique allemand né le 5 septembre 1774 à Greifswald et mort en 1840 à Dresde.

« Dans l’antichambre du Dr. La Mort ».

Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime.

Ainsi titrait Das Bild (tabloïd allemand) en janvier dernier à l’ouverture de l’exposition-évènement Körperwelten, eine Herzenssache* à Dresde. Le Dr. La Mort n’est autre que Gunther von Hagens, un anatomiste allemand (et surtout un peu fou) qui a mis au point une technique de conservation post mortem des tissus humains : la plastination.

Voici d’ailleurs la recette de Gunther..
– Prenez un cadavre bien frais,
– Injectez du formol dans ses artères pour stopper sa décomposition,
– Enlevez sa peau, ses graisses et ses tissus conjonctifs. Dégagez ses structures anatomiques uniques,
– Plongez ensuite votre bonhomme dans un bain de solvant (de l’acétone c’est bien) pour extraire ses fluides corporels et ses graisses solubles,
– Remplacez ensuite l’acétone par un plastique réactif – par exemple un silicone bien caoutchouteux – dans lequel la préparation macèrera bien comme il faut,
– Sortez la chose, positionnez là comme vous voudrez (en respectant les bonnes moeurs bien évidemment) et durcissez-la avec du gaz, de la lumière ou de la chaleur selon le plastique que vous aurez utilisé,

Le tout vous aura pris près de 1500 heures de travail !

Il faut savoir que Gunther von Hagens « plastifie » un peu tout : les embryons, les hommes, les animaux (du poulpe à l’éléphant), les fruits, les légumes. Sachez que vous pouvez lui donner votre corps et si vous êtes chanceux, votre dépouille pourra même être exposée au quatre coins du monde (le site web dédié aux donneurs : http://www.koerperspender.de …des fois que l’envie vous prendrait un soir de grisou)

Car Gunther Von Hagens, c’est avant tout un business qui marche, un empire : 2 instituts de plastination; l’un à Guben (ouvert au public), l’autre à Heidelberg, des expos dans le monde entier, un marchandising sans limites.

Chacune de ses expositions et de ses apparitions est très médiatisée. Car Gunther von Hagens brise avant tout un tabou : celui de la mort.

Et pour avoir travaillé 3 mois dans l’exposition de Dresde, je peux vous dire que la mort attire, fascine, que l’on soit jeune, vieux, que l’on ait inventé le fil à couper l’eau chaude ou non. Le nombre et les retours des visiteurs font en effet mentir les détracteurs.

Est-ce que Gunther von Hagens s’implantera un jour en France ? Cela me semble compliqué après l’interdiction de l’exposition Our Body, à corps ouvert (à l’initiative d’un autre scientifique) que certains d’entre vous avaient pu voir à Lyon à La Sucrière en 2008.

Pour ma part, même si je reconnais l’intérêt scientifique et l’apport pour la connaissance, quelque chose me gêne profondément dans la démarche; quelque chose qui aurait à voir avec le « repos » du mort. Donner en effet des corps en pâture (à Guben, vous pouvez assister « en direct » au retrait de la peau, des graisses…) ne m’apparait pas vraiment de l’ordre du respect.

 

 

 

 

* Le Monde des corps, une histoire de coeur

Il y a des jours comme ça.

Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime.

Hier je déjeunais chez ma copine A. à Heidenau *.

Sur le quai de la gare, une vieille femme s’est plantée devant moi, m’a dévisagée, scannée de haut en bas puis m’a lancée : « Pensez-vous à Dieu ? ». Le train est arrivé, elle m’a suivi avec un « Je l’ai déjà rencontré 5 fois quand j’étais étudiante ! » (la prétentieuse) puis a pris congé avec un charmant « Quand vous serez dans le malheur, vous vous accrocherez à lui ! » Bon, bon, bon.

Ca, c’était juste avant d’acheter quelques fleurs pour ma copine. Vous apprendrez, certainement à vos dépens, qu’en Allemagne il est de bon ton d’offrir les fleurs à son hôte « comme si on venait de les cueillir dans une prairie » (on a pas dit « comme si on venait de les voler chez son voisin » quoique le résultat soit un peu le même..). Bref j’avais oublié ce détail et quand le fleuriste m’a demandé s’il devait emballé les fleurs j’ai dit « Oui ». « Oui » en pensant à un joli papier cristal, des rubans de couleur, une petite carte, le sourire du fleuriste.  Mais certainement pas « Oui » en imaginant que quelques minutes plus tard mes fleurs, mes jolies fleurs, se retrouveraient entorchonnées dans un papier semblable à celui de mon boucher (je n’ai pas de boucher), le même papier je vous dis, à ceci prêt que les écritures n’étaient pas rouges mais vertes.

Alors voilà je suis sortie de la boutique plutôt amusée, contemplant fièrement mon nouveau gigot bouquet.

L’émission Karambolage d’Arte donne un sympathique éclairage sur le sujet. Allez faire un tour ici !

*petite commune au sud-est de Dresde

 

« Bonjour la France », marché de producteurs français à Dresde.

Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime.

« Bonjour la France » c’est un petit marché français qui, depuis quelques années, sillonne les villes d’Allemagne & fait étape à Dresde au printemps & en automne.

Porté par une association de producteurs français, il propose des produits fins de nos régions : charcuterie & fromage de Savoie & des Pyrénées, foie gras de Gascogne, pain, vin de Bordeaux, biscuits de Bretagne, confitures et miels, olives, huiles & moutarde, savons de Provence.

Une sympathique initiative, fidèle à l’ambiance de nos marchés et qui plait Outre-Rhin.

Quoi de mieux que de flâner son verre de vin à la main, au milieu des différentes étales, et de s’essayer au français avec des commerçants venus spécialement pour vous.

En attendant mon tour, je me suis d’ailleurs amusée à écouter  le fromager parler avec ses clients allemands & j’ai eu envie de rire devant cet improbable :

« …avec des Kraüter* de Provence […] J’vous mets ça dans un Tüte* ! ».

Alors pour les amoureux de l’art de vivre « à la française », rendez-vous en octobre sur le Altmarkt, la plus vieille place de Dresde pour la prochaine édition de « Bonjour la France » !

* sac, herbes

Nächste Haltestelle « Erich Kästner Museum »*

Dresden, je t'aime

© Dresden, je t’aime.

Depuis quelques jours, le Erich Kästner Museum n’est plus seulement pour moi cet arrêt de tramway situé sur Albertplatz mais aussi un musée dédié à l’auteur dresdois du 20ème siècle.

Ouvert en février 2000, ce micromusée a été conçu par l’architecte irlandais Ruairi O’brien selon un principe d’utilisation optimale des ressources. Ce concept, ainsi que le parcours de l’auteur vous sont d’ailleurs expliqués de vive voix par la sympathique équipe du musée.

Vous découvrirez 13 colonnes mobiles disposées dans une même pièce autour d’un noyau multimédia. Les tiroirs et rayons proposent un large choix de documents à consulter, selon un code couleur thématique :

vert Erich Kästner, un allemand en Saxe,
rouge Erich Kästner, le moraliste & critique de société,
jaune L’enfance, thème de prédilection,
bleu La place de l’auteur dans les médias.

La force de ce musée réside dans son ouverture à tous les publics, que l’on soit enfant, adulte, littéraire ou non. Vous vous sentirez bien, vous pourrez tout voir, tout toucher. Et s’il vous en prend l’envie, vous pourrez tranquillement flâner dans la librairie / café située à l’étage supérieur.

* Prochain arrêt « Erich Kästner Museum »

Coca Kolkhoze.

© Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime / Nicolas B.

Un musée dédié au communisme qui côtoie un Mcdo ça ne s’invente pas. Et pourtant, c’est à voir à Prague. Sur le site internet du musée, on peut d’ailleurs lire « il est situé au dessus du Mcdonalds. Et Lenin doit se retourner dans sa tombe ».

Passée la surprise de cette association étonnante et celle de rentrer dans l’appartement de votre grand-mère, vous conviendrez de la richesse du lieu. Beaucoup de textes, d’objets authentiques, d’iconographie pour une plongée dans la Tchécoslovaquie communiste, depuis le Coup de Prague en février 1948 jusqu’à la chute du Mur de Berlin en novembre 1989.

Sur sa terrasse, le musée propose également une exposition-dossier intitulée The Communist Kingdom of North Korea (Le Royaume communiste de Corée du Nord). Alarmant sur la situation du pays (violation des droits de l’homme, peuple qui meurt de faim…) cette exposition a été réalisée grâce à la collaboration de deux ONG. Elle reflète toute la difficulté de documenter la réalité d’un pays complètement isolé.

Vraiment ne passez pas à côté.

Comme un parfum de jasmin.

Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime.

Il y a quelques jours nous quittions Dresde pour un week-end improvisé à Prague.

Grâce à la complicité de nos parents, nous avons séjourné dans un très bel hôtel.

Un lieu tout à fait remarquable tant par la qualité de son accueil que par ses couleurs délicates (crème, vert amande), ses grandes baies vitrées et son mobilier contemporain.

L’association de matières végétales & minérales, la chaleur du bois viennent parfaire cet ensemble harmonieux.

Constellation.

©  Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime.

A Dresde, dès le 1er dimanche de l’Avent, les étoiles ne sont plus seulement dans le ciel mais aussi dans la ville : devant les habitations, les commerces, sur les places publiques ou dans les églises.

Ces jolies étoiles sont les Herrnhuter Sterne.

Elles sont fabriquées de manière artisanale à Herrnhut dans la région du Erzgebirge et ont la particularité de posséder 25 branches dont  17 à 4 côtés et 8 à 3 côtés. On les trouve en blanc ou dans des tons chaleureux (rouge, orange), en papier ou en plastique (selon l’usage que l’on souhaite en faire) et dans différentes tailles (de 10 à 80 cm) . La plupart du temps ces étoiles sont l’unique décoration extérieure (les battles de décorations lumineuses entre voisins ne sont pas vraiment en vogue ici..) et créent de très beaux ensembles sur les façades d’immeubles quand elles ornent les balcons.

A Noël prochain nous aurons nous aussi notre petite étoile, car nous serons devenus j’en suis sûre, de vrais dresdois.

Le Miracle Bleu.

©  Dresden, je t'aime.

© Dresden, je t’aime.

Le Miracle Bleu (« das blaue Wunder » en allemand) c’est ce pont qui relie deux charmants quartiers résidentiels de Dresde:

– Loschwitz
avec son mono funiculaire suspendu – merci  Densha Otaku 365 pour ce récit – et sa vue imprenable sur l’Elbe.

– Blasewitz
avec son Schillergarten dans lequel vous attendent déjà j’en suis sûre une Weißwurst, de la Süßer Senf et un Bretzel tout chaud.

Construit à la fin du 19ème siècle,  ce pont fut à l’époque considéré comme un véritable « chef-oeuvre du génie civil » (pardon c’était trop tentant) en raison de ses dimensions (280 m de long, 3500 tonnes) et de son type de construction unique en son temps.

La légende dit que ce pont a d’abord été peint en vert mais que le temps l’a rendu bleu (le miracle..).

Soulignons enfin qu’il a échappé aux bombardements de 1945.